Apprendre la Bureautique

Calculer un délai entre des dates dans Excel pour vos documents de bureau

Un dièse à la place d'un chiffre, ça n'annonce jamais rien de bon dans une cellule Excel. La première fois que ça m'est arrivé, j'essayais de dire à ma responsable, debout juste derrière mon épaule, combien de jours il restait avant la fin d'une période d'essai. Cette chaleur qui monte aux joues quand quelqu'un regarde l'écran pendant qu'on galère avec une formule, je la connais par cœur, et ce jour-là, j'ai compris que ma gestion des tableaux de suivi de projet allait devoir changer.

Dans notre tour du côté de La Défense, je n'étais visiblement pas le seul à buter sur ce genre de calcul, mais j'étais sans doute le seul à ne pas avoir de méthode. Avant ce jour-là, j'avais pris l'habitude de recopier des formules trouvées ici ou là sans vraiment comprendre à quoi servait chacun de leurs arguments — ça marchait par hasard, une fois sur deux, et ça plantait le reste du temps sans que je sache pourquoi. Ce jour-là précisément, ça n'a pas marché du tout : j'ai fini par annoncer un chiffre approximatif, en me jurant de ne plus jamais me faire piéger par un simple calcul de calendrier.

Depuis, j'ai fouillé, testé, refait le même fichier dix fois, et fini par comprendre que les dates dans Microsoft Excel ne sont pas des ennemies — juste des nombres déguisés en apparence compliquée.

Une date, ce n'est qu'un nombre déguisé

Pour comprendre pourquoi Excel réagit comme ça, il faut accepter une idée un peu étrange au départ : pour le logiciel, le temps a commencé le 1er janvier 1900. Cette date porte le numéro 1 dans sa mémoire interne, le lendemain porte le numéro 2, et ainsi de suite jusqu'à aujourd'hui — une immense règle graduée qui s'étend sur plus d'un siècle. Une fois qu'on accepte ça, soustraire deux dates revient à peser deux ingrédients sur la même balance : la différence sort toute seule, sans mystère. Avec une date de fin en B2 et une date de début en A2, la formule =B2-A2 donne directement le nombre de jours qui séparent les deux.

Si votre cellule de résultat garde le format "Date" au lieu du format "Standard", Excel va essayer de traduire ce nombre de jours en une date de l'année 1900 — et c'est là que les dièses ou les dates farfelues apparaissent. Ce n'est pas un bug, c'est juste le logiciel qui applique la mauvaise recette au mauvais moment.

Astuce Excel pour taper une formule de calcul de délai entre deux dates

Comment séparer les années, les mois et les jours avec DATEDIF ?

DATEDIF ne s'affiche jamais dans le petit menu qui propose les fonctions au fur et à mesure qu'on tape son nom — il faut la connaître pour la trouver, un peu comme un tiroir qu'on n'ouvre jamais dans un vieux meuble de bureau. Sa syntaxe reste toujours la même : =DATEDIF(date_debut; date_fin; unité), où l'unité vaut "Y" pour les années complètes, "M" pour les mois, ou "D" pour les jours. C'est la fonction qu'il me fallait un jour où je devais préparer un tableau d'ancienneté, quand la simple soustraction ne suffisait plus à séparer les années des mois.

La première fois qu'elle m'a renvoyé le bon résultat sans rien à corriger, j'ai ressenti la même chose que le jour où RECHERCHEV a fonctionné du premier coup : un résultat juste, et l'envie de crier dans le bureau. Ce genre de petite victoire ressemble à ce qu'on éprouve avec les erreurs #N/A — une fois qu'on comprend pourquoi la fonction ne trouve rien, on arrête de les redouter à chaque fois qu'elles apparaissent.

Le piège des années bissextiles avec DATEDIF

On présente souvent DATEDIF comme l'outil ultime pour tout calcul de délai. Pourtant, j'ai repéré un comportement bizarre en vérifiant à la main un délai pour un dossier important : le calendrier grégorien compte 365 jours la plupart du temps, mais 366 tous les quatre ans, et DATEDIF ne gère pas toujours bien ce détail.

Le souci se niche surtout dans l'argument "MD", utilisé pour obtenir les jours restants une fois les mois comptés à part : avec des années bissextiles ou des mois de longueurs différentes, le résultat peut être décalé d'un jour ou deux. Sur un dossier de ressources humaines ou un contrat, ce petit écart peut devenir un vrai problème. Ma règle, depuis : la soustraction simple pour les jours, DATEDIF réservée aux années pleines avec "Y", et une vérification à l'œil dès qu'un calcul traverse la fin février.

Calendrier de bureau papier pour vérifier une année bissextile avant un calcul de délai Excel

Reproduire le calcul dans votre tableau de gestion de projet

Voici comment reproduire ça sur votre propre fichier, sans avoir besoin d'être expert : cliquez sur la cellule où le résultat doit apparaître, tapez le signe égal, cliquez sur la date la plus récente, tapez le signe moins, cliquez sur la date la plus ancienne, puis validez avec Entrée.

Si le résultat ressemble à une date bizarre — quelque chose comme 15/01/1900 — pas de panique. Direction l'onglet "Accueil", le menu déroulant marqué "Date" au centre de l'écran, et changez-le en "Standard" ou "Nombre". Le nombre de jours attendu apparaît enfin, comme un tiroir qu'on aurait enfin rangé dans le bon ordre.

Pour ceux qui gèrent des listes vraiment longues, le risque vient souvent des dates en double ou des erreurs de saisie glissées entre deux lignes. N'hésitez pas à supprimer les doublons sur Excel pour nettoyer vos listes de contacts ou de contrats avant de lancer vos calculs, ça évite bien des maux de tête plus tard.

Quand vous recopiez cette formule sur toute une colonne, pensez à verrouiller la référence avec des signes dollar, comme $A$2, si une des deux dates doit rester fixe pour toutes les lignes — sinon Excel décale la référence à chaque nouvelle ligne, et le résultat part n'importe où. Sur un tableau qui s'allonge sur plusieurs dizaines de lignes, un tableau croisé dynamique permet de résumer tous ces délais sans les relire un par un, mais c'est un sujet assez dense pour mériter son propre article — tout comme la mise en forme conditionnelle, que je n'ai fait qu'effleurer ici.

J'ajoute parfois une note dans la cellule voisine — la raison d'un retard, par exemple — et ce petit bruit sec, presque satisfaisant, que fait Alt+Entrée quand le texte redescend d'un cran sans jamais quitter la cellule, me donne toujours l'impression que l'information vient officiellement d'être validée.

Vos formules de délai méritent d'être protégées

Une fois que ces formules fonctionnent, la dernière chose qu'on souhaite, c'est qu'un collègue tape une donnée par erreur et casse tout le tableau. J'ai appris à mes dépens qu'un tableau partagé sans aucune protection est un tableau condamné tôt ou tard. Vous pouvez protéger certaines cellules Excel en laissant d'autres zones modifiables, ce qui permet à vos collègues de continuer à saisir les dates pendant que vos formules de délai restent verrouillées.

Écran affichant une formule de soustraction de dates dans un tableau de gestion de projet

Certains soirs, pendant qu'un ami à moi filait à sa répétition de chorale amateur du quartier, moi je reprenais mes formules de délai une dernière fois avant de fermer l'ordinateur. Huit semaines après m'être vraiment mis à ces histoires de dates, je n'avais plus besoin de compter sur mes doigts devant qui que ce soit — le calcul sortait tout seul, et la panique avait disparu.

La même logique cachée existe ailleurs dans la bureautique : les styles de titres dans Word qui construisent un sommaire tout seuls, un publipostage qui associe mal une colonne à la mauvaise variable, ou une liste déroulante qui évite une faute de frappe au moment de saisir une date. Il y a aussi les sauts de section qui décalent toute une mise en page, une image qui se déplace toute seule dès qu'on ajoute une ligne de texte, ou une mise en forme appliquée cellule par cellule alors qu'un style unique aurait suffi.

L'important n'est pas de connaître toutes les fonctions d'Excel par cœur — j'en vérifie encore certaines aujourd'hui — mais de comprendre comment le logiciel raisonne : une date est un nombre, une cellule est une boîte, une formule est une instruction. Une fois qu'on a saisi ça, ces astuces Excel arrêtent de ressembler à de la magie, et la gestion de vos tableaux de projet devient nettement plus simple à tenir au quotidien.

Articles connexes